Reconnaître les étains de contrefaçon

Reconnaitre un FAUX étain ANCIEN, voici quelques pistes pour démêler le faux du vrai par vous même:

  • L’alliage comprend un fort pourcentage de plomb, ou l’article est anormalement lourd.
  • Le style de l’époque n’est pas respecté.
  • Les proportions ne sont pas correctes ou idéales.
  • Le repoussé et la ciselure n’étaient pas employé par les maitre potier d’étain d’antan.
  • Les coups et rayures doivent provenir d’une usure logique.
  • Les marbrures sur l’article trahissent une patine forcée à l’acide.
  • Les techniques de fabrication anciennes ne sont pas respectées. (Présence de nombreuses retouches par exemple.)

Attention, les poinçons ne sont pas forcément un gage de confiance.

S’assurer du pourcentage d’étain dans l’alliage :

Le poinçon n’est pas toujours une indication fiable, il existe une technique permettant de vérifier le pourcentage d’étain dans un alliage :

M Salmon, marchand et potier d’étain à Chartres à décrit en 1788 dans son ouvrage « Art du Potier d’étain » la technique dite « essai à la mouche » permettant de déduire approximativement le degré de finesse des articles en étain :

Le métal est légèrement touché au moyen d’un fer chaud qui laisse une cavité appelée « mouche » dont la couleur permet de juger de degré de fin de la pièce, et la nature de l’alliage :

  • Etain fin (+90% d’étain ) : La mouche est blanche.
  • Etain commun (allié à 10-20% de plomb) : La mouche est entourée de brun.
  • Etain de « clair étoffe » ( jusqu’à 40% de plomb) : La mouche est noire et « grasse ».

Bien sur, cette mouche doit préférablement être apposée sur une partie non visible de l’objet.

De quoi est composé l’étain ?

L’étain est un mélange de quels métaux ?

Il y a confusion avec d’autres alliages car l’étain est un métal pur, comme le plomb ou le Zinc.

Cuivre + Etain = Bronze

Cuivre + Zinc = Laiton

Etain = étain ! 

On ne peut pas fabriquer de l’étain, d’ailleurs c’est une ressource non renouvelable et qui pourrait s’épuiser d’ici 30 à 40 ans.

 

 

 

Les boutons en étain de Napoléon

L’étain a t il eu une influence sur le cours de l’histoire ? Ce malheureux élément a t il une part de responsabilité dans la retraite de Napoléon en 1812 et la mort de plus d’1 million de personnes ?

On raconte que les soldats de Napoléon lors de la grande campagne de Russie furent en partie gelée à cause de leurs boutons en étain qui s’étaient désintégrés lors du grand froid de l’hiver .

S’agit il  d’une légende ou d’un fait historique ?

Auteurs et historiens se disputent le fait que les boutons des soldats soient en étain: certains assurent que oui d’après des documents d’époque ou des fouilles de fosses communes en Lituanie. Et d’autres affirment le contraire en se basant sur le trop peu d’informations à ce sujets ou trop peu de mentions dans les écrits ou mémoires des soldats…

Ce qui est sur, et ça c’est sûr sûr : c’est que l’étain craint le froid à tel point qu’il peut en attraper une maladie grave et mortelle : la peste. La peste de l’étain est irréversible et rend l’était progressivement très très moche. Puis à un état très avancé, l’étain se désintègre.

En 1869, le scientifique Carl Fritzsche racontait que quelques années auparavant il travaillait à Saint-Pétersbourg, sur des boutons russes en étain qui s’étaient transformés en poussière dans un entrepôt de lʼarmée pendant l’un des hivers extrêmement froids.

C’est de la chimie tout ça !!! Mais revenons à l’histoire :

On retrouve dans les écrits du Général Vionnet que son thermomètre était gelé. Bon, donc, s’il est gelé le thermomètre… on ne peut pas savoir quelle température il faisait ? Mais SI car la température de fusion du mercure contenu à l’époque dans les thermomètres est de -38,8°C. Il faisait donc une température inférieure à -39°C  * GlaGlaGla *

Moi je suis du côté de l’étain, alors peut être bien que les soldats peu couverts et exposés à moins de -39°C avaient les doigts trop gelés pour écrire quelque part noir sur blanc que leurs boutons se désintègrent ! Ou peut être tout simplement que leurs doigts gelés n’arrivaient plus à boutonner leurs pantalons et la faim les faisant ressembler à des mendiants débraillés …

Quoi qu’il en soit, s’il s’agit d’une rumeur, elle est déjà présente en 1909 dans The American Journal of Science Published by J.D. & E.S. Dana, ou il est donné en exemple le cas des boutons de l’armée Napoléonienne dans une explication sur l’étain gris.

Si vous aimez ce genre d’anecdotes, je vous invite à lire le livre écrit par Penny le Couteur Napoleon’s Buttons, 17 Molecules that Changed History (New York, Penguin, 2003).

🙂 Jennifer