Le métier de potier d’étain

De nombreux objets sont fabriqués en étain depuis l’âge de bronze mais l’appellation de potier d’étain n’apparait qu’au XIVème siècle ; à cette époque, elle est encore étroitement liée au métier d’orfèvre. Les premiers objets contenant de l’étain étaient des récipients en céramique.
C’est au Moyen Âge que cet artisanat, en plein développement, se retrouvera chez les classes bourgeoises. La poterie d’étain connaît sa plus grande période d’essor sous Louis XIV, après les édits de 1689 et 1709, qui imposèrent à tous les sujets de remettre au roi leur vaisselle d’or et d’argent afin qu’elle soit fondue, (conséquences des guerres successives qui vidèrent les caisses du royaume). Ainsi, la poterie d’étain agrémente les tables royales. Elle est ensuite reléguée en cuisine par la porcelaine et la faïence, qui se répandent massivement et remplaceront peu à peu les articles en étain. Au XXème siècle, on trouve encore des pièces destinées aux arts de la table. Dans la seconde moitié du XXème siècle, les poteries d’étain deviennent principalement des objets décoratifs.

Pour réaliser une pièce en étain, le potier réalise d’abord le dessin d’un modèle inventé ou inspiré d’une oeuvre pour la reproduire.

Le potier utilise un moule qui peut être en fonte, en aluminium, ou en plâtre réalisé au préalable à l’aide de tours reproducteurs, de fraiseurs et autres machines à outils.

L’étain, métal blanc brillant, est une matière que l’on trouve aujourd’hui en Asie du Sud Est et en Amérique du Sud. Situé proche de la surface du sol, il est extrait en minerais et est ensuite raffiné. Lorsque le potier le reçoit, il est pur et sous forme de lingot de 25 kilos. La couleur grise de l’étain s’obtient par oxydation artificielle du métal.

Chauffé à forte température (230°), l’étain en lingots est porté en fusion ; il deviendra liquide et pourra être coulé directement dans un moule. L’étain est la plupart du temps allié à d’autres composants en fonction de l’usage que l’on veut lui attribuer : si l’étain se destine à un usage alimentaire, il est associé à de l’antimoine, du cuivre ou du bismuth. Ces étains sont appelés étains fins ou étains communs. Il peut également être allié au plomb pour la conception d’objets non destinés à un usage alimentaire, mais à des fins décoratives, notamment dans la réalisation de tuyaux d’orgues, de bougeoirs ou de lampes à pétrole.

Une fois démoulée, la pièce est placée sur un tour : c’est l’étape du tournage. Cette phase permet d’ôter de l’épaisseur à la pièce à l’aide de pelleteurs ou d’éliminer les défauts liés à sa fonderie. La pièce d’étain est ensuite repoussée et plaquée à froid à l’aide d’un mandarin. L’étain refroidi, devenu malléable prendra progressivement sa forme définitive.

L’étape suivante, le planage, sert à ôter les défauts de la pièce et demande une grande concentration et une extrême précision. Le potier d’étain utilise ensuite un fer à souder ou un chalumeau pour l’assemblage de pièces complémentaires (il peut par exemple ajouter des anses). L’objet sera ensuite poli au tour ou à la main avec un disque en coton afin d’obtenir un aspect lisse et brillant. La pièce peut également être patinée, ciselée ou gravée puis polie une dernière fois.

Chaque pièce porte le poinçon d’un artisan ainsi que l’appellation « étain », si la pièce est destinée à un usage alimentaire. Cette marque de fabrique permet de définir la date et la provenance de l’objet. 

Source : © Centre de ressources, Institut National des Métiers d’Art, 23, avenue Daumesnil 75012 Paris, 2010

L’Atelier du potier d’étain et ferblanterie. Modèle à l’échelle de 1/15e, constitué de plusieurs milliers de petites pièces et représentant plusieurs centaines d’ehures de travail. Cette oeuvre réalisée par Hermann RANFT se trouve dans le musée du Château de Schwarzenberg dans le Erzgebirge en Allemagne.

Jean Goardère meilleur ouvrier de France

Jean Goardère, Artisan d’art et dinandier de formation fabriquait des objets utilitaires et décoratifs par martelage à partir d’une feuille de cuivre ou d’étain.

Les créations en étain Jean Goardère.

Meilleur ouvrier de France en 1955 au titre du Prestige et des métiers de luxecoupe du « bon goût Français » en 1969.

Il crée cette marque d’étain en 1938, et son entreprise est souvent récompensée pour son travail et sa créativité. Elle est reprise en 1985 par Jean Salet, son gendre.

L’entreprise fermera en 2009 après plus de 70 ans d’existence.

Aujourd’hui encore sa renommée fait qu’on me demande régulièrement une pièce de sa fabrication, seau à champagne ou vase, les dernières “grosses pièces” sont très vite parties mais il me reste toujours en boutique quelques articles spécifiques de sa griffe tels que le porte parapluie canard, le bougeoir oiseau, le vase ceinture ou la boîte citrouille .

Hommage à Sainte Jeanne d’Arc

Figurine de Jeanne d’Arc en étain des Etains du Prince

 

Jeanne d’Arc, surnommée la Pucelle d’Orléans ou plus simplement la Pucelle, est une figure emblématique de l’histoire de France et une sainte de l’Église Catholique. Au début du xve siècle, elle mène victorieusement les troupes françaises contre les armées anglaises, levant le siège d’Orléans, conduisant le dauphin Charles au sacre à Reims et contribuant ainsi à inverser le cours de la guerre de Cent Ans. Finalement capturée par les Bourguignons à Compiègne, elle est vendue aux Anglais par Jean de Luxembourg pour la somme de 10 000 livres, et condamnée à être brulée vive après un procès en hérésie. Le 30 mai 1431, serrant sa croix sur sa poitrine, elle monte à neuf heures du matin sur le bûcher et meurt avec un courage tel qu’il émeut jusqu’aux soudards anglais. L’un d’eux, épouvanté, s’écrie: “ Malheur à nous, nous avons brûlé une sainte! ”. Elle avait 19 ans. Entaché de nombreuses et importantes irrégularités, son procès est cassé par le pape Calixte III en 1456, et un second procès en réhabilitation conclut à son innocence et l’élève au rang de martyre.

Jeanne la Pucelle demeure le plus beau symbole de courage féminin et de résistance à l’occupant. Elle est encore de nos jours le plus bel exemple de patriotisme et le plus pur modèle de vertu. Sa sainteté est reconnue par l’Eglise qui la béatifie en 1909 et la canonise en 1920. Jeanne d’Arc est l’une des quatre saintes patronnes secondaires de la France. Sa fête est devenue en France, fête nationale, fixée au dimanche suivant le 8 mai.

Sa Victoire à Orléans est chaque année fêtée et remémorée lors des fêtes Johanniques d’Orléans, et la ville de Reims lui rend également chaque année hommage lors des Fêtes Johanniques de Reims.

 

figurine Jeanne d'arc

Les étains du Rouergue

Découvrez l’histoire de la marque des étains du Rouergue à travers cet article :

” Créés par la volonté d’André Rous, maréchal-ferrant en notre lieu puis commerçant en matériel agricole, les ateliers des étains du Rouergue cesseront leur activité le 23 janvier 2009.

Dans les années 1953-54, André Rous, habile dans l’observation des comportements des gens de cette époque, lance la fabrication et la commercialisation d’objets en étain. De son esprit créatif naissent une centaine de modèles plutôt classiques : pichets, mesures d’autrefois, assiettes, etc., recherchés par une certaine clientèle.

En 1976, Gaëtan Guilhem épouse sa petite-fille Carol Vergnes et ce jeune couple prend à son compte cette activité et, très rapidement, emploie une dizaine de salariés. Ingénieur issu de l’école supérieure en construction automobile, l’ESTACA, Gaëtan s’adapte à ce nouveau métier et en maîtrise très rapidement les stades de transformation, du lingot d’étain brut jusqu’au produit fini. Plus de 450 modèles imaginés, peaufinés, sont venus enrichir une collection d’objets plus originaux et inédits : violon, cadrans solaires, gamme de petites voitures, cadeaux et pièces d’art de la table.

Carol et Gaëtan Guilhem évoquent aujourd’hui sans retenue les bonnes années engagées vers la marche en avant de cette entreprise artisanale peu courante mais tellement intéressante par la recherche d’idées nouvelles et l’extension de la commercialisation. Leur constat est clair : la demande diminue comme sont touchés les cadeaux et arts de la table, haut de gamme : porcelaine, cristal, produits argentés, etc.

Malgré l’effort et l’investissement personnel du chef d’entreprise, tour à tour en atelier ou en action commerciale, la difficulté est trop évidente et la décision d’arrêt de la fabrication débouche sur une liquidation de stock(…)

Pour les Villeneuvois, c’est une institution qui disparaît, laquelle était en plus de l’étalage d’un savoir-faire remarquable un plus pour notre bastide, cet espace très visité par de nombreux touristes.”

Extrait de la dépèche du midi Novembre 2008